samedi, 11 octobre 2008
Politique du travail
« La loi du travail est le fondement de toute l'économie sociale, parce qu'elle est la loi même de la vie humaine. Cette vie, en effet, ne s'entretient physiquement et intellectuellement qu'au prix d'une série continuelle d'efforts, et chacun de ces efforts est pénible. Malheur à la famille, malheur à la classe, malheur à la société qui parvient à se soustraire momentanément à la loi du travail. Mais malheur aussi à l'enseignement qui méconnait l'esprit et le but de cette loi fondamentale de l'économie sociale, et qui définit celle-ci la science des richesses, "la chrématistique". Non. Le travail n'a pas pour but la production des richesses, mais la sustentation de l'homme, et la condition essentielle d'un bon régime du travail est de fournir en suffisance d'abord au travailleur, puis à toute la société, les biens utiles à la vie.
De tous les régimes du travail en cours dans l'humanité, y compris le régime servile, nul ne donne moins de garantie à l'accomplissement des fins providentielles que celui dit "de la liberté du travail", qui est propre à la société moderne. La concurrence illimitée, qui en est le ressort, subordonne en effet les relations économiques à la loi dite de l'offre et de la demande, loi qui fonctionne précisément à l'inverse de la loi naturelle et divine du travail, puisque par son jeu, la rémunération du travail salarié est d'autant plus faible que le besoin de la classe ouvrière est plus intense. Elle est donc absolument barbare. C'est pourtant là ce que n'ont pas encore montré les chaires dites de la Science. Le régime de la liberté du travail n'est d'ailleurs pas plus profitable au patron qu'à l'ouvrier, parce qu'il entraîne, pour l'un comme pour l'autre, la même insécurité par suite de la même tyrannie. Il n'est pas davantage profitable à la société, où il engendre les haines de classe et prépare les bouleversements en mettant les intérêts en antagonisme au lieu de les harmoniser. »
François René de la Tour du Pin
Vu sur http://www.camelotsblog.canalblog.com/
Lire aussi Aristote :
-Politiques, livre I, notamm. chapitre 9 (pour un résumé cf http://afe-blog.com/2008/02/09/aristote-economie-capitali...)
-Ethique à Nicomaque, livres V (justice) et VI (prudence)
-Economiques
14:40 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royalisme, social, travail, aristotélisme, économie
dimanche, 21 septembre 2008
Du prétendu droit d'ingérence
Kant, Essai philosophique sur la paix perpétuelle
12:39 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : néocolonialisme, kouchner, droits de l'homme
mercredi, 16 juillet 2008
Antisocial
« Quand le prolétaire aura réussi à fonder la “Société” qu'il a en vue, et dans laquelle doit disparaître toute différence entre riches et pauvres, il sera un gueux ; mais être un gueux sera pour lui quelque chose, et il pourrait faire de ce mot “gueux” un titre aussi honorable qu'est devenu le titre de bourgeois grâce à la Révolution. Le gueux est son idéal, et nous devons tous devenir des gueux. »
Max Stirner (1806-1856), L'Unique et sa propriété, penseur atypique de l'individualité, fervent critique du communisme et de toutes les idéologies.

18:37 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anarchie, socialisme, révolution
samedi, 28 juin 2008
Existentialiste et chrétien ?
Gabriel Marcel (1889-1973) est le plus grand représentant de l'existentialisme chrétien en France, courant qui s'est opposé à l'existentialisme « de gauche » et athée, représenté par Sartre. Avec sa métaphysique, il a développé des réflexions politiques dont je vous livre des extraits.
G. Marcel contre l’égalité révolutionnaire
« Aujourd'hui, je déplore l'absence de fraternité. Au fond la Révolution Française et ce qui a suivi a tout confondu en mêlant égalité et fraternité. Je pense que non seulement elles ne sont pas compatibles mais qu'elles vont en sens opposé. Ce qu'on appelle l'égalitarisme me paraît détestable. Nietzsche le pensait aussi. Pour moi, l'égalité est égocentrique, elle est une prétention. « Je suis ton égal. » Ce qui est admirable dans la fraternité, c'est qu'elle dit à l'autre : « Tu es mon frère. » Comment alors ne me réjouirais-je pas de ta supériorité ? Dans la fraternité, le centre, ce n'est plus moi, c'est toi. »
« J’ai horreur de la dictature », in Le Figaro littéraire 1972
G. Marcel contre la dépersonnalisation démocratique
« On ne pourra jamais dire à quel degré l’image de l’atelier d’usine et celle du laboratoire auront obsédé les philosophes. […] Complexe d’infériorité du philosophe en face du savant – mais du philosophe qui a trahi. Le philosophe fidèle, lui, ne trahira jamais. […] Bien d’autres éléments connexes interviennent d’ailleurs, à commencer par le progrès de la superstition démocratique (il est vrai que ce progrès lui-même a peut-être pour ressort le complexe d’infériorité, comme l’a montré Scheler). Notion démocratique du valable. Le « je pense » qui se dégrade en pensée en général, et la pensée en général qui se dégrade en un « on » démocratique. »
« Ebauche d’une philosophie concrète », in Essai de philosophie concrète 1967 (GF-Flammarion poche)
15:09 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, égalité, révolution
lundi, 23 juin 2008
La politique de Maurras
« L'empirisme organisateur [...] constitue le compromis religieux et moral, parfaitement laïc, strictement rationnel, pur de toute mysticité, auquel semble aspirer la France moderne. »
Charles Maurras, Trois idées politiques
L'empirisme organisateur est un concept-clé dans la pensée philosophique et politique de Maurras.
Il en donne cette définition dans les Trois idées, qui en fournit une approche : l'empirisme organisateur est tout d'abord un « compromis ». Cela veut dire qu'il ne s'agit pas de défendre une position extrême et fanatique, ni un pessimisme désespéré.
Un compromis religieux et moral, incarné dans une certaine idée de la laïcité qui est l'antithèse de la théocratie mais qui respecte la tradition. Un compromis, parce qu'il s'agit de fédérer et non de diviser : ceux qui ne croient pas ont aussi leur place dans la communauté nationale. Maurras refuse d'exclure a priori de la nation les non-catholiques.
Strictement rationnel, parce que Maurras en penseur réaliste sait que fonder une politique sur le sentiment, comme le font des utopistes, des romantiques, des humanitaristes ou des nationalitaristes, c'est conduire la nation au désastre humain, spirituel et matériel. Le sentiment pur est la base du dogmatisme, de l'abandon de la réflexion, de la négation de l'intelligence; il est une machine formidable à créer des mythes, des fantasmes et donc des conduites fanatiques dangereuses pour la communauté.
C'est la « mysticité », c'est-à-dire créer une politique sur fond de mythologie irrationnelle, par exemple l'idée d'un âge d'or, d'un Eden à faire descendre sur terre, avec des hommes bons et parfaits (cas de l'utopie socialiste ou des croyants millénaristes), ou l'idéalisation de l'histoire, « la bonne époque » où tout était merveilleux (cas des passéistes et des nostalgiques), ou encore la récupération des mythes antiques, Odin-Wotan, le Walhalla, le sang Aryen (cas de certaines idéologies nationalistes).
Avec une politique mystique, plus besoin de débat ni d'action, il s'agit de superposer un système idéologique à la réalité puis de conformer celle-ci à la mythologie préétablie. Cela passe par des moyens totalitaires, persécution, intrusion dans la vie privée, mensonge global, destruction de tout espace public et de toute discussion rationnelle, conditionnement psychologique des masses...
21:45 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : empirisme organisateur







































