Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 25 octobre 2009

Le Mirail fait sa rentrée en pleine vacances de Toussaint

images.jpegAlors que toutes les autres facultés toulousaines ont déjà faits leur rentrée depuis longtemps, les étudiants du Mirail commencent à peine à reprendre le chemin des amphis. Mais cela va-t-il durer ?


Il n'y pas besoin d'être voyant pour savoir que, si la grève reprend, elle sera de nouveau interminable. Pendant tous ces mois de blocage, le gouvernement a joué le pourrissement pour une raison simple : le conflit des enseignants chercheurs n'a a pas été relayé par l'opinion publique. Il ne le sera pas davantage cette année, car les gens gardent la même image des enseignants. Pour eux, cette profession est privilégiée et n'a donc pas le droit de râler. De même les grèves étudiantes sont rarement prises au sérieux, car l'on imagine que ces jeunes "ploucs" ne cherchent qu'un prétexte pour ne pas aller en cours (ce qui, il faut le dire, est souvent vrai). La grève du printemps dernier, qui a duré 4 mois, n’a pas pu être maîtrisée plus tôt à cause de l’inaction du président de la faculté, tenu par les professeurs qui voteront ou non pour sa réélection.

Ces vieux soixantuitards appâtaient d’ailleurs les étudiants-glandeurs en leur promettant un 20/20 pour les récompenser d’avoir fait grève. Certain se sont même vanté d’avoir remplacé leur 16 h de cours par 16 h de préparation à la grève … Misère d’une génération à la tête creuse, tous ensemble vers le pays de nulle part ! Et moi, au milieu des décombres, je cherchais en vain à voir la lumière en demandant de ma petite voix, à un enseignant-chercheur, s’il ne serait pas possible d’avoir des cours. C’était déranger la bête, qui m’a traité d’impudent, et qui m’affirmait haut et fort que donner des cours n’était pas la solution aux problèmes, et que quoi qui l’an soit, blocage ou non, les prof étaient en grève et point. Las, le président a heureusement fini par appeler les CRS à la rescousse, pour faire respecter l’ordre d’un Etat de droit que certain avaient déjà oublié.


C’est alors que la communauté universitaire s’est remise petit-à-petit au travail, fin juin, après quelques échauffourées avec les CRS, au moment où les autres étudiants partaient déjà à la plage. Les enseignants-chercheurs se refusaient encore à reprendre les cours, gênés par la présence des CRS et de leurs uniformes, bredouillant des mots comme liberté, égalité, fraternité, du moment qu’on les appliquent à eux. Après avoir participé à la casse de l’Université française, ces messieurs se permettent encore de donner des leçons. Les oreilles rabattues de belle paroles révolutionnaires, les étudiants ont quand même été obligé de passer leur été à faire des devoirs ou préparer les examens de septembre …


Si la grève recommence, les étudiants risquent fort de se heurter encore à un mur. Non seulement ils ne gagneront rien, mais en plus ils aggraveront la mauvaise réputation de la fac. La fuite des étudiants vers d'autres établissements risque d'augmenter également. Faire grève dans un tel contexte participe à la chute du système que l'on prétend défendre. Le bilan du blocage est lourd, et ne comporte aucun avantage. :

  • inscriptions semble-t-il en baisse pour 2009-2010 (sachant que la faculté a déjà perdu 30 % en 3 ans)

  • gouffre financier de la bibliothèque,

  • faillite de la librairie étude

  • coût du déblocage

  • facture des nombreuses dégradations à réparer


Les étudiants sont pris en otage par une minorité activiste qui n’en représente pas la moitié. Comme en mai 68, la stratégie suivante est adoptée :

  • Provocations visant à délégitimer l’autorité : nous l’avons vu lorsque le président fut attaqué sous prétexte qu’il n’avait pas la «légitimité ».


  • Fiction de démocratie directe par des «assemblées » prétendues «générales » soigneusement tenues en main, version estudiantine du soviet révolutionnaire. Ces assemblées sont un simulacre de démocratie. En effet, ce sont toujours les mêmes personnes qui parlent à la tribune, c’est-à-dire les tenants des syndicats étudiants d’extrême gauche. Les étudiants qui viennent aux assemblées générales sont, en majorité, des gens qui se laissent endormir par la propagande de cette nomenklatura. Résultat : le blocage passe et repasse de semaines en semaines.


  • Diabolisation des adversaires, justifiant leur élimination : ceux qui ne sont pas d’accord avec eux sont traités de «fascistes ».
  • Dialectisation du corps social : les étudiants se divisent maintenant en «bloqueurs » et «anti-bloqueurs ».

  • Multiplication des revendications pour justifier un blocage sans fin

La tentative de «Liberta Fac» ne réalise aucune avancée, c ar elle ne constitue pas une réelle opposition. Elle ne fait qu’entretenir le clivage «bloqueurs/anti-bloqueurs » dont le débat est stérile. Les syndicalistes ne subissent aucun tort de ces critiques de «cour » qui, tout en se positionnant contre le blocage, ne remettent pas en question le fond de la contestation. Pour que les choses avancent, il faut une réelle force d’opposition, capable de ranger derrière elle un nombre suffisant d’étudiants. En réalisant des tracts opposés, en parlant aux AG, on réussira peut-être à changer la situation. Nos petits marxistes ont réussi à instaurer une pensée unique, contre laquelle personne n’ose se positionner. Si l’on montre enfin que ces gens-là on peut-être tort dans leurs analyses, on réussira sans doute à engendrer une plus grande diversité d’opinions au moment du vote.


Cela dit pourrait-on encore craindre que la sortie de l’anonymat nous entraîne plus d’ennuis qu’autre chose. Que faire en effet avec des gens capables de se déguiser en terroriste pour faire tomber les urnes, pour tout casser à la maison de la recherche ou dans le bâtiment du président, ou pour dérober diverses choses, comme des documents officiels ou des bouteilles de vin ?" Ne trouvera-t-on donc jamais de solution pour sortir de ce climat de terreur instauré par un minorité de blancs-becs ? Jusqu'à quand nos diplômes seront bradés par des gâcheurs de talents, tel que ces enseignants-chercheurs qui se fichent totalement de l’avenir de leurs étudiants, quoi qu’ils en disent ?


Encore une fois, nous subissons les pervers de la République et de la démocratie. Le gouvernement se frotte les mains de savoir que les facultés se liquéfient dans les mains des syndicalistes. Le dogme égalitaire des universités publiques, rejoint par les grèves à répétition, ne font qu’augmenter le prestige du privé, dans lequel nos gouvernants mettent leur propres enfants. Les enseignants eux-mêmes, bobo de gauche et donneurs de leçons, ne laissent pas également d’y inscrire leur progéniture.

Comprenne qui pourra …



Par Clovis_Toulouse.

Commentaires

Ce n'est que trop vrai.
Nous avons encore, en France, un système universitaire visant à l'égalité des chances dans le domaine des études. Qu'à cela ne tienne, les syndicats sont plus que jamais mobilisés.

Le Syndicat, arme numéro 1 pour la libéralisation tout azimut.

Une entreprise tient-elle encore tête à la privatisation? Les bonnes personnes, aux bons endroits, s'occuperont d'une part d'augmenter les avantages de ses fonctionnaires pour exacerber les jalousies, de pousser aux grèves pour des raisons débiles, de pratiquer (comme en ce moment à La Poste) l'embauche de jeunes intérim en roulement pour faire baisser la qualité, etc. jusqu'au jour où l'État (ou même en ces temps troublés notre cher Prézydent en personne) annonce que, devant les dysfonctionnements flagrants de l'entreprise livrée à la dérive, la bouée de sauvetage existe, et qu'il n'y en a qu'une.

Écrit par : entada | lundi, 02 novembre 2009

La République ne peut survivre que si elle met au minimum de groupes de personnes en exergue, ce que Marx appelle des "classes". En effet, comment pourrai-t-elle survivre, si les intérêts de tous étaient semblablent ? La volonté d'un seul suffirait, alors...
Nos chers syndicalistes en voulant "se battre contre le système" sont instrumentalisé par ce dernier (de manière consciente ou non)... Ils n'encouragent qu'à une privatisation plus importante, voir la destruction du secteur de la recherche, qui est bien mal en point, étant donné que depuis les lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, l'Etat a privilégier les écoles privées ou les Grandes Ecoles (comme polytechnique, par exemple), laissant pourrir l'enseignement universitaire, particulièrement dans les Arts et Lettres...

Il faudrait peut être de l'entada (phaseoloides) pour déboucher l'université française et nos très chères syndicalistes...

Écrit par : AFE.Toulouse | mardi, 03 novembre 2009

Écrire un commentaire