lundi, 18 août 2008
Picrochole contre Grandgousier : le devoir du Roi
Dans son Gargantua, Rabelais écrit plusieurs chapitres qui concernent la royauté et la guerre. Picrochole décide de faire la guerre à Grandgousier, père de Gargantua, à cause d’une histoire de fouaces soutirées. Le duel ici raconté est celui du tyran contre le roi sage : Picrochole pille les terres de son voisin, sans foi ni loi, et n’hésite pas à tuer pour cela. A l’inverse, Grandgousier tente d’apaiser les choses, d’obtenir la paix et de rappeler son voisin à leur ancienne et profonde alliance. Il est même tout à fait disposé à lui faire honneur; et l’on voit ici l’irénisme de Rabelais disciple de l’humaniste Erasme de Rotterdam(1).
C’est une leçon de sagesse que l’écrivain populaire donne aux rois : s’ils gouvernent selon leur intérêt privé et personnel, ce sont des tyrans inhumains et impies qui finiront châtiés par Dieu ; s’ils gouvernent selon la raison et l’intérêt public, ce sont des rois justes et sages.
Voici les paroles de son personnage Grandgousier :
« Las, ma vieillesse ne requérait dorénavant que repos, et toute ma vie [je] n’ai tant rien procuré que paix. Mais il faut je le vois bien, que maintenant de harnais je charge mes pauvres épaules lasses et faibles, et en ma main tremblante je prenne la lance et la masse, pour secourir et garantir mes pauvres sujets. La raison le veut ainsi, car de labeur je suis entretenu, et de leur sueur je suis nourri moi, mes enfants et ma famille.
Ce nonobstant, je n’entreprendrai guerre, que je n’aie essayé tous les arts et moyens de paix, là je me suis résolu. »(2)
Le devoir du Roi, selon Rabelais, est de protéger ses sujets. Ce n’est d’ailleurs pas par philanthropie, contrairement à la réputation qu’on voudrait coller de nos jours au mot « humaniste », qui désigne tout autre chose que ce qu’entendent par là nos socialistes et nos centristes. L’humanisme représente avant tout un courant de la Renaissance, qui cherche à renouer avec la culture antique, même païenne ; qui cherche à réformer l’éducation, réfréner l’esprit belliqueux et tyrannique des rois et des papes ; combattre l’arnaque aux reliques et le scandale des Indulgences.
Si le Roi doit protéger ses sujets, c’est avant tout car ceux-ci le nourrissent par leur travail. Le Roi ne serait rien sans son peuple ; et c’est pourquoi nous désirons une monarchie populaire, et non pas une aristocratie hautaine ou une dictature sanguinaire.
Le Roi idéal de Rabelais, est aussi celui qui est bon diplomate, et obtient la paix par d’autres moyens que la violence directe, laquelle est corrélée de la possibilité de guerres futures. Il est anti-impérialiste et ne cherche qu’à protéger son pré carré, ses sujets, ses terres ; et non lorgner sur celles de son voisin. L’humanisme de Rabelais est ainsi aux antipodes de l’humanisme machiavélien. Machiavel considère l’impérialisme comme faisant partie des désirs naturels des rois, que ceux-ci doivent satisfaire s’ils le peuvent :
« C’est chose vraiment très naturelle et ordinaire que de désirer acquérir et toujours, quand le font les hommes qui peuvent, ils seront loués et non blâmés ; […]. »(3)
Ce principe est celui pratiqué par Picrochole, l’ancien allié devenu ennemi de Grandgousier, mais ce dernier s’exprime ainsi, exposant un principe contraire au Prince machiavélien :
« Ma délibération n’est [pas] de provoquer ains(4) d’apaiser : d’assaillir, mais défendre : de conquêter, mais de garder mes féaux(5) sujets et terres héréditaires. »(6)
Notes :
(1)Voir Erasme, Complainte de la paix.
(2)Rabelais, Gargantua, chapitre 28.
(3)Machiavel, Le Prince, chapitre 3.
(4)« Mais ».
(5)« Fidèles ».
(6)Rabelais, Gargantua, chapitre 29.
15:06 Publié dans Théorie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, politique, royauté, humanisme
mercredi, 13 août 2008
Le problème des médias
Comme chacun peut le constater, les médias occupent une place incroyablement importante dans notre société. Loin de moi l'idée de les critiquer dans leur essence même. Je pense que la presse, la radio et la télévision sont des instruments indispensables à la bonne compréhension, à l'analyse du monde qui nous entoure. Cependant, il nous faut, à mon sens, toujours considérer ce qui nous est dit avec scepticisme, indépendance d'esprit et intelligence... Nous ne pouvons pas nous y fier inconsidérément.
En effet, il nous faut savoir que les médias manquent souvent cruellement d'objectivité. Le journal télévisé de France 2 est un exemple particulièrement révélateur. Il n'est souvent rien d'autre qu'une accumulation de critiques aigres, de remarques sarcastiques sur la politique et le comportement de Sarkozy. Attention ! Notez bien que je n'ai pas prétendu que le personnage était exempt de reproches. Bien au contraire... Cela dit, il me semble que certains commentaires amers sont de trop dans la bouche d'un présentateur, censé informer de l'actualité honnêtement et impartialement. Dans le JT de France 2, la subjectivité apparaît grossièrement. On la voit à travers une absence de recul, un oubli des causes, une focalisation sur les détails, une dissimulation complète de certains faits pourtant véritables ou une incroyable déformation de la réalité. Le journaliste n'est alors plus au service de la vérité : il la baffoue, la néglige, la tord dans tous les sens pour qu'elle lui convienne, qu'elle corresponde à ses idées. Il trahit sa vocation en abandonnant la réalité factuelle pour une pensée systématique, forme d'une médiocre propagande.
Dans d'autres cas, comme souvent dans divers organes de presse, l'avis du journaliste transparaît de façon plus subtile, moins directe. On sent tout de suite une habileté à manier le verbe, à maîtriser parfaitement l'ironie. Le style est parfois un peu voltairien, plein de malice. Il faut le décrypter pour connaître les intentions de l'auteur, ce qu'il veut nous faire entendre, vers où il souhaite nous amener... En plus de rouler le lecteur dans la farine en cherchant à le manipuler, le journaliste n'hésite pas à se targuer hypocritement d'honnêteté intellectuelle et de démarche objective. Pendant ce temps, la Pensée Unique gagne les foyers via les médias. La manipulation continue, sûrement, rapidement. La presse, la radio et la télévision en sont les scrupuleux instruments. Mais que faire face à cette vaste imposture ? Où donc trouver la vérité? l'irréductible vérité, de nos jours tant maltraitée?...
Dante, AFE Toulouse
12:53 Publié dans Parole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, politique, idéologie
mercredi, 06 août 2008
Quand Cohen se mêle de ce qui ne le regarde pas...
Quand Cohen se mêle de ce qui ne le regarde pas...
Tous les médias ont relayé l'affaire: un prêtre de l'Opus Dei va faire son entrée dans une paroisse toulousaine, en l'occurrence Notre-Dame de la Dalbade. Cet événement est qualifié par la presse bien-pensante de « première en France ». Quoi que l'on pense de cette organisation, les réactions suscitées, à commencer par celle de M. Pierre Cohen, dépassent en bêtise et en ignorance la véritable importance de cette nomination.
Décidée par Mgr Le Gall, Archevêque de Toulouse, elle a suscité l'indignation de notre bien-aimé nouveau maire socialiste de Toulouse. Cet olibrius, parachuté par le commando de la Rue de Solférino et choisie par une population qui est tout sauf « toulousaine de Toulouse », a déclaré: «Nous nous serions bien passés de cette première. Je suis indigné par la nomination dans l’une des principales paroisses de la ville d’un membre de l’Opus Dei, une des organisations les plus dures de l’Eglise, connu pour ces rapprochements scandaleux dans le passé avec l’extrême droite espagnole.»
Si ma mémoire est bonne, il y a un peu plus d'un siècle, la secte socialiste avait voté la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Loin de défendre cette loi suicidaire pour la France, la logique voudrait que, si l'Eglise ne doit plus se mêler des questions politiques (ce qui en soit n'est pas contestable), les pouvoirs publics doivent eux aussi s'abstenir d'ingérences dans le domaine religieux. Par conséquent, M. Cohen se trouve en contradiction avec lui-même, ou du moins avec ce qu'il représente (ce qui, ma foi, est le cas de pas mal de socialistes aujourd'hui...). Contradiction d'autant plus flagrante de celui qui lors de la campagne municipale s'était déclaré « ni juif » et surtout pas « catholique » et laisse aujourd'hui se construire une immense mosquée dans le quartier Empalot, symbole de l'atteinte à notre identité nationale(dont la construction est provisoirement interrompue... par la Volonté Divine, peut-être), construction qui n'est que le prélude à l'érection de deux autres mosquées d'ici 2010 (http://www.ladepeche.fr/article/2007/03/22/19082-Toulouse...). A bon entendeur, salut!
De surcroît, devons-nous craindre des « représailles » de la part de cet enragé? Va-t-il organiser en sous-mains des manifestations des MJSS devant la Dalbade, ou devant d'autres églises toulousaines, le dimanche à la sortie des messes? Les méthodes fascisantes des socialistes toulousains, que l'on connaît hélas depuis (trop) longtemps et caractérisées par la calomnie et le sectarisme, nous réservent encore des surprises.
Soyons vigilants, car le Socialisme, Voilà l'Ennemi!
Sévérac, AFE Toulouse
19:44 Publié dans Actualité locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, toulouse, laïcisme
mardi, 05 août 2008
La voix de la vérité entre dans l’éternité
Alexandre Soljenitsyne est décédé dimanche soir, à l’âge de 89 ans.
Nous tenons à rendre hommage à l’écrivain russe, qui a passé une bonne partie de sa vie à dénoncer le régime stalinien en URSS, par ses écrits et par ses actes. Il a connu la prison, l’exil, mais acquit aussi une renommée internationale et obtint le prix Nobel de Littérature en 1970.
L’honnête homme doit avoir lu Archipel du Goulag et Une journée d’Ivan Denissovitch, où l’auteur militant critique avec virulence et lucidité les exactions du régime soviétique, notamment dans les camps de travail concentrationnaires, où l’on vit disparaître des millions d’hommes au cours d’une partie du XXè siècle.
Soljenitsyne dérange ; les progressistes et droits-de-l’hommistes peinent à le récupérer, car son anti-totalitarisme s’accompagne parallèlement d’un nationalisme et de la volonté d’une renaissance spirituelle et morale.
Puisse-t-il reposer en paix et nous, nous inspirer de son héroïsme.

15:30 Publié dans Culture, Histoire et Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : urss, nationalisme, communisme, littérature







































