samedi, 28 juin 2008
Existentialiste et chrétien ?
Gabriel Marcel (1889-1973) est le plus grand représentant de l'existentialisme chrétien en France, courant qui s'est opposé à l'existentialisme « de gauche » et athée, représenté par Sartre. Avec sa métaphysique, il a développé des réflexions politiques dont je vous livre des extraits.
G. Marcel contre l’égalité révolutionnaire
« Aujourd'hui, je déplore l'absence de fraternité. Au fond la Révolution Française et ce qui a suivi a tout confondu en mêlant égalité et fraternité. Je pense que non seulement elles ne sont pas compatibles mais qu'elles vont en sens opposé. Ce qu'on appelle l'égalitarisme me paraît détestable. Nietzsche le pensait aussi. Pour moi, l'égalité est égocentrique, elle est une prétention. « Je suis ton égal. » Ce qui est admirable dans la fraternité, c'est qu'elle dit à l'autre : « Tu es mon frère. » Comment alors ne me réjouirais-je pas de ta supériorité ? Dans la fraternité, le centre, ce n'est plus moi, c'est toi. »
« J’ai horreur de la dictature », in Le Figaro littéraire 1972
G. Marcel contre la dépersonnalisation démocratique
« On ne pourra jamais dire à quel degré l’image de l’atelier d’usine et celle du laboratoire auront obsédé les philosophes. […] Complexe d’infériorité du philosophe en face du savant – mais du philosophe qui a trahi. Le philosophe fidèle, lui, ne trahira jamais. […] Bien d’autres éléments connexes interviennent d’ailleurs, à commencer par le progrès de la superstition démocratique (il est vrai que ce progrès lui-même a peut-être pour ressort le complexe d’infériorité, comme l’a montré Scheler). Notion démocratique du valable. Le « je pense » qui se dégrade en pensée en général, et la pensée en général qui se dégrade en un « on » démocratique. »
« Ebauche d’une philosophie concrète », in Essai de philosophie concrète 1967 (GF-Flammarion poche)
15:09 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, égalité, révolution
mardi, 24 juin 2008
CMRDS 2008
Université d'été royaliste (Camp Maxime Real Del Sarte) dans le Berry

13:04 Publié dans Action | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cmrds
lundi, 23 juin 2008
La politique de Maurras
« L'empirisme organisateur [...] constitue le compromis religieux et moral, parfaitement laïc, strictement rationnel, pur de toute mysticité, auquel semble aspirer la France moderne. »
Charles Maurras, Trois idées politiques
L'empirisme organisateur est un concept-clé dans la pensée philosophique et politique de Maurras.
Il en donne cette définition dans les Trois idées, qui en fournit une approche : l'empirisme organisateur est tout d'abord un « compromis ». Cela veut dire qu'il ne s'agit pas de défendre une position extrême et fanatique, ni un pessimisme désespéré.
Un compromis religieux et moral, incarné dans une certaine idée de la laïcité qui est l'antithèse de la théocratie mais qui respecte la tradition. Un compromis, parce qu'il s'agit de fédérer et non de diviser : ceux qui ne croient pas ont aussi leur place dans la communauté nationale. Maurras refuse d'exclure a priori de la nation les non-catholiques.
Strictement rationnel, parce que Maurras en penseur réaliste sait que fonder une politique sur le sentiment, comme le font des utopistes, des romantiques, des humanitaristes ou des nationalitaristes, c'est conduire la nation au désastre humain, spirituel et matériel. Le sentiment pur est la base du dogmatisme, de l'abandon de la réflexion, de la négation de l'intelligence; il est une machine formidable à créer des mythes, des fantasmes et donc des conduites fanatiques dangereuses pour la communauté.
C'est la « mysticité », c'est-à-dire créer une politique sur fond de mythologie irrationnelle, par exemple l'idée d'un âge d'or, d'un Eden à faire descendre sur terre, avec des hommes bons et parfaits (cas de l'utopie socialiste ou des croyants millénaristes), ou l'idéalisation de l'histoire, « la bonne époque » où tout était merveilleux (cas des passéistes et des nostalgiques), ou encore la récupération des mythes antiques, Odin-Wotan, le Walhalla, le sang Aryen (cas de certaines idéologies nationalistes).
Avec une politique mystique, plus besoin de débat ni d'action, il s'agit de superposer un système idéologique à la réalité puis de conformer celle-ci à la mythologie préétablie. Cela passe par des moyens totalitaires, persécution, intrusion dans la vie privée, mensonge global, destruction de tout espace public et de toute discussion rationnelle, conditionnement psychologique des masses...
21:45 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : empirisme organisateur
Aspects de la France
15:29 Publié dans Parole | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : aspects de la france
dimanche, 15 juin 2008
Introduction
Bienvenue sur le blog de l'Action française Toulouse et ses environs.
Notre ambition est de redonner une place au royalisme, à l'échelle locale et nationale. Nous voulons faire partie du décor politique, pour montrer qu'il existe d'autres solutions aux problèmes que le communisme et le libéralisme, idéologies modernes qui monopolisent les débats contemporains et qui nous paraissent très insuffisantes.
En ce sens, notre ligne politique se retrouve parfaitement dans l'expression "Ni droite, ni gauche, Monarchie populaire !". Nos réflexions et nos actions politiques transcendent la simple opposition républicaine droite/gauche; car nous nous proposons de réfléchir non pas sur la politique et le social dans le cadre étriqué de la République, mais bel et bien de réfléchir sur les institutions elles-mêmes qui conditionnent le politique et le social. Notre questionnement politique n'est pas "droite ou gauche, que faut-il choisir ?", lequel s'accommode des institutions républicaines sans les discuter ou presque, mais un retour à l'inspiration antique où l'on se demandait, "quel est le meilleur régime politique ?", plus précisément quel est le régime qui est le plus conforme à la nature et à la raison.
Il ne s'agit pas non plus de dégager un quelconque "sens de l'histoire" chimérique. La politique n'est pas une affaire de prophètes qui détermineraient avec exactitude quel régime viendrait clore l'histoire et réaliser l'Eden sur Terre. "Le Royaume de Dieu n'est pas de ce monde", disait le Christ. Il ne faut pas mélanger le temporel et le supratemporel, ce dernier n'ayant rien à voir avec le politique. La politique est toujours liée à l'expérience concrète; tandis que le métaphysique supratemporel est lié à l'éternel, il est donc objet de foi et de spéculations séparées de la vie en société. Les contemplatifs de tous les temps ont toujours reconnu que leurs expériences métaphysiques ne pouvaient se réaliser que dans une solitude accomplie. Or, les doctrines de la Fin de l'histoire sont une confusion abusive entre la contemplation métaphysique et l'action politique. Subordonner l'action politique à la fin de l'histoire, c'est ouvrir un boulevard aux logiques totalitaires, puisque ceux qui n'agissent pas dans le sens de l'histoire pourront aisément être stigmatisés, emprisonnés, assassinés comme l'ont été les victimes du nazisme et du stalinisme.
L'Action française est un mouvement politique plus que centenaire, qui naquit lors de l'Affaire Dreyfus pour défendre la nation. Charles Maurras a rapidement rallié ses membres à la Monarchie. Aujourd'hui, notre travail consiste à reprendre le travail effectué par Charles Maurras, à le confronter aux autres politiques et à le réactualiser pour faire avancer la cause de la monarchie. Nos inspirateurs en politique sont nombreux, tant du côté des écrivains que des acteurs de l'histoire. Comme ces hommes en leur temps, nous voulons nous forger notre propre expérience politique, développer notre pensée et laisser dans l'histoire des actions en faveur du bien commun. Redécouvrir ces auteurs et ces acteurs, ce n'est pas s'enfermer dans le passé, mais accepter notre statut d'héritiers d'une tradition existante qui s'est construite avant nous, puis apporter notre pierre à l'édifice, modeler la tradition acquise en fonction de notre présent à nous, et construire une pensée originale qui tire le meilleur de ce qui s'est fait par le passé. Ainsi, nous ne lisons pas seulement les grands royalistes comme Charles Maurras ou Louis de Bonald, mais aussi des gens comme Alexis de Tocqueville, Pierre-Joseph Proudhon ou encore Hannah Arendt. Nous n'oublions pas non plus les sources antiques, notamment Platon et Aristote, mais aussi les expériences politiques de la Polis grecque, de la République romaine, puis des Monarchies mérovingienne et carolingienne.
Mais c'est aussi l'héritage capétien qui nous intéresse, et ce qu'il en est advenu lors du XIXè siècle, avec les deux Restaurations successives puis la Monarchie de Juillet. Il s'agit de voir aujourd'hui comment la monarchie est-elle possible, ce qu'elle apportera de mieux que la République moderne, et quelle est sa continuité par rapport aux monarchies passées.
18:23 Publié dans Parole | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : action française









































